Tonification : les principes pour un corps plus ferme, sans idées reçues
Se tonifier, c'est combiner deux choses : construire un peu de muscle et perdre de la graisse qui le recouvre. On ne choisit pas l'endroit où la graisse part. Dans un essai de Vispute et ses collègues publié en 2011, six semaines d'abdominaux, sept exercices cinq jours par semaine, n'ont réduit ni la graisse du ventre ni le tour de taille, même si l'endurance des abdominaux progressait. Pour le muscle, le facteur qui compte le plus est le volume : une méta-analyse de Schoenfeld et ses collègues, publiée en 2017, associe chaque série hebdomadaire supplémentaire à un gain un peu plus grand. Les charges légères ne « tonifient » pas mieux que les lourdes : quand l'effort est poussé près de l'échec, la prise de muscle est comparable. Pour la graisse, l'ACSM indique que l'exercice seul entre 150 et 250 minutes par semaine n'entraîne qu'une perte de poids modeste. Voici comment régler les séries, les charges et la progression d'une séance de tonification efficace.
Votre volume de séries par semaine
Indiquez vos séances de renforcement, le nombre d'exercices et de séries, puis le nombre de groupes musculaires que vous travaillez.
- Séries par semaine
- 54 séries
- Séries par groupe musculaire et par semaine
- 9 séries
- Lecture
- 5 à 9 : un volume modéré qui construit le muscle régulièrement
- Fréquence
- Deux jours ou plus par semaine : conforme à l'ACSM
Un ordre de grandeur : le repère de 10 séries par muscle n'était qu'une tendance dans la méta-analyse de référence.
Tonifier ne veut rien dire en physiologie
Le mot « tonification » n'existe pas dans les recommandations scientifiques. Il désigne ce que la plupart des gens recherchent : un corps plus ferme, des contours plus nets. En pratique, cela correspond à un muscle un peu plus développé et à une couche de graisse un peu plus fine.
Ces deux leviers se travaillent différemment. Le muscle répond au renforcement musculaire, réglé en séries, en charges et en progression. La graisse dépend du bilan d'énergie sur la durée et du volume total d'activité. Un programme de tonification sérieux s'occupe des deux.
On ne choisit pas où part la graisse
L'idée qu'on affine une zone en la faisant travailler est la plus tenace. L'essai de Vispute l'a testée sur 24 adultes sédentaires, avec une alimentation contrôlée : six semaines d'abdominaux n'ont modifié ni la graisse abdominale, ni le tour de taille, ni le pourcentage de graisse. L'endurance des abdominaux, elle, s'est nettement améliorée.
Une autre étude, de Ramírez-Campillo et ses collègues publiée en 2013, a fait travailler une seule jambe pendant 12 semaines, avec des séries longues à la presse. La masse grasse a baissé de 5,1 %, mais surtout dans le haut du corps et le tronc, pas dans la jambe entraînée. L'étude est petite, 11 participants, mais elle va dans le même sens. Les abdominaux restent utiles pour le gainage et le dos : ils ne remplacent simplement pas le reste.
Le volume : combien de séries par muscle
La méta-analyse de Schoenfeld, Ogborn et Krieger, publiée en 2017 sur 15 études, trouve une relation dose-réponse : plus de séries par semaine donnent plus de muscle. Chaque série hebdomadaire supplémentaire était associée à un gain un peu plus grand, d'environ 0,37 %.
Quand les auteurs ont regroupé les volumes en trois catégories, moins de 5, de 5 à 9 et 10 séries ou plus par muscle et par semaine, le groupe à 10 séries ou plus avait les gains les plus nets. Mais la différence entre groupes n'était qu'une tendance, non significative au sens statistique. Ces études portaient surtout sur de jeunes hommes. Dix séries ne sont donc pas un minimum obligatoire : c'est une zone associée aux meilleurs résultats dans cette analyse.
Le calculateur de ce guide multiplie séances, exercices et séries, puis divise par le nombre de groupes musculaires travaillés. Par exemple, 3 séances de 6 exercices à 3 séries font 54 séries ; réparties sur 6 groupes, cela donne 9 séries par groupe et par semaine.
Les charges : légères ou lourdes ?
Une autre idée reçue veut que les charges légères « dessinent » et que les lourdes « gonflent ». La méta-analyse de Schoenfeld sur les charges, publiée la même année, montre l'inverse de cette distinction : quand les séries sont menées près de l'échec, la prise de muscle est semblable avec des charges légères ou lourdes. Les charges lourdes donnent surtout plus de force maximale.
L'ACSM recommande aux débutants des charges permettant 8 à 12 répétitions, deux à trois jours par semaine. Pour développer le muscle, elle met l'accent sur la zone de 6 à 12 répétitions, avec 1 à 2 minutes de repos et plusieurs séries par exercice. Choisissez la charge qui rend les deux dernières répétitions vraiment difficiles, quel que soit le chiffre écrit sur l'haltère.
Progresser sans se blesser
Pour continuer à progresser, l'effort doit augmenter avec le temps : c'est le principe de progression. L'ACSM propose une règle simple : quand vous réussissez une ou deux répétitions de plus que l'objectif, augmentez la charge de 2 à 10 %.
- Fixez une fourchette, par exemple 8 à 12 répétitions.
- Commencez avec une charge qui permet 8 répétitions propres.
- Ajoutez des répétitions de séance en séance.
- Quand vous dépassez 12 de une ou deux répétitions, alourdissez légèrement.
Augmentez aussi le volume par petites touches, une ou deux séries par muscle à la fois, en gardant une ou deux répétitions en réserve pendant l'apprentissage. Les mouvements de base sont décrits dans les 10 mouvements essentiels.
La fréquence compte moins que le total
Une méta-analyse de Schoenfeld, Grgic et Krieger, publiée en 2019, montre qu'à volume égal, le nombre de séances par muscle ne change pas sensiblement la prise de muscle. Neuf séries par semaine peuvent donc se faire en deux ou trois séances, selon votre agenda. L'OMS demande de toute façon un renforcement de tous les grands groupes au moins deux jours par semaine. Le programme de 3 séances de 30 minutes montre une répartition qui fonctionne.
Perdre la graisse : le rôle du volume d'activité
L'ACSM a résumé en 2009 ce que l'exercice fait au poids. Entre 150 et 250 minutes d'activité modérée par semaine, la perte de poids est modeste. Au-delà de 250 minutes, l'activité est associée à une perte de poids cliniquement significative. Le renforcement musculaire n'accélère pas la perte de poids, mais il peut augmenter la masse maigre et la perte de masse grasse.
Côté assiette, une méta-analyse de Morton et ses collègues, publiée en 2018, trouve que les compléments de protéines ajoutent en moyenne 0,30 kg de masse maigre pendant un programme de musculation, sans gain supplémentaire au-delà d'environ 1,6 g de protéines par kilo de poids et par jour. Le volume d'activité de référence est détaillé dans combien de sport par semaine.
Augmentez le volume progressivement. Une douleur articulaire qui persiste ou tout symptôme thoracique impose d'arrêter et de demander conseil. En cas d'hypertension ou de maladie cardiaque, parlez des charges lourdes avec votre médecin.
Ce qu'on peut attendre, honnêtement
Aucune source sérieuse ne promet un nombre de centimètres en un temps donné. Ce que l'on peut attendre d'un programme bien réglé, c'est une force qui monte de semaine en semaine, puis, sur plusieurs mois, une silhouette qui change si le volume d'activité et l'alimentation suivent. Un coach du club règle ces séries avec vous et les ajuste à votre progression : ouvrez votre espace.
Questions
Les abdominaux font-ils perdre du ventre ?
Non. Dans l'essai de Vispute, six semaines d'abdominaux, cinq jours par semaine, n'ont réduit ni la graisse abdominale ni le tour de taille, alors que l'endurance des abdominaux progressait. La graisse se perd sur l'ensemble du corps, selon le bilan d'énergie et le volume d'activité, pas à l'endroit que l'on fait travailler. Les abdominaux gardent leur intérêt pour le gainage.
Faut-il prendre des charges légères pour se tonifier sans prendre de volume ?
La distinction entre charges qui « dessinent » et charges qui « gonflent » ne tient pas. Quand les séries sont menées près de l'échec, la prise de muscle est comparable avec des charges légères ou lourdes, selon la méta-analyse de Schoenfeld. Les charges lourdes développent surtout la force maximale. Choisissez une charge qui rend les dernières répétitions vraiment difficiles.
Combien de séries par muscle faut-il faire chaque semaine ?
Plus de séries donnent en moyenne plus de muscle, selon la méta-analyse de Schoenfeld, Ogborn et Krieger. Le groupe à 10 séries ou plus par muscle et par semaine avait les gains les plus nets, mais ce n'était qu'une tendance non significative. Commencez sous 5 séries pour apprendre les mouvements, puis montez progressivement selon votre récupération.
Combien de protéines pour accompagner un programme de tonification ?
La méta-analyse de Morton trouve que les compléments de protéines ajoutent en moyenne 0,30 kg de masse maigre pendant un programme de musculation, sans bénéfice supplémentaire au-delà d'environ 1,6 g par kilo de poids et par jour, toutes sources comprises. Pour 70 kg, cela fait environ 112 g par jour.
Sources
- Vispute et al.: the effect of abdominal exercise on abdominal fat (J Strength Cond Res, 2011)
- Ramírez-Campillo et al.: regional fat changes induced by localized muscle endurance resistance training (J Strength Cond Res, 2013)
- Schoenfeld, Ogborn and Krieger: weekly resistance training volume and muscle mass, a dose-response meta-analysis (J Sports Sci, 2017)
- Schoenfeld et al.: strength and hypertrophy adaptations between low- vs high-load resistance training, a meta-analysis (J Strength Cond Res, 2017)
- American College of Sports Medicine: progression models in resistance training for healthy adults (2009)
- Schoenfeld, Grgic and Krieger: how many times per week should a muscle be trained? A meta-analysis (J Sports Sci, 2019)
- American College of Sports Medicine : stratégies d'activité physique pour perdre du poids et ne pas le reprendre (2009)
- Morton et al.: protein supplementation and resistance training gains, a meta-analysis (Br J Sports Med, 2018)
- Bull et al.: World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour (Br J Sports Med, 2020)