Protéines par jour en musculation : combien, à quels repas, et jusqu'où
Quand on fait de la musculation pour prendre du muscle, la cible est de 1,4 à 2 grammes de protéines par kilo de poids corporel et par jour. C'est la fourchette que l'International Society of Sports Nutrition (ISSN) juge suffisante pour la plupart des personnes qui s'entraînent, et elle rejoint les 1,2 à 2 grammes de la prise de position commune de l'American College of Sports Medicine et de deux associations de diététiciens. La méta-analyse de Morton et ses collègues, sur 49 essais, donne un repère utile : en moyenne, le gain de masse maigre cessait d'augmenter au-delà d'environ 1,6 gramme par kilo et par jour. Pour une personne de 70 kilos, cela représente environ 98 à 140 grammes par jour, avec 112 grammes comme objectif solide. La répartition compte aussi : plutôt qu'un gros dîner, trois ou quatre repas de 0,25 à 0,4 gramme par kilo chacun, toutes les trois à quatre heures. L'alimentation courante suffit ; la poudre est une commodité, pas une obligation.
Vos protéines par jour et par repas
Indiquez votre poids, ou le poids visé en cas d'excès de poids important : le calcul donne le minimum d'un adulte sédentaire, la fourchette de l'ISSN quand on s'entraîne et un minimum par repas.
- Minimum d'un adulte sédentaire (0,8 g/kg)
- 56 g par jour
- Fourchette quand on s'entraîne (1,4 à 2,0 g/kg)
- 98 à 140 g par jour
- Par repas (environ 0,25 g/kg)
- 20 g au moins
Quantité par repas calculée sur 0,25 g par kilo, avec 20 g au minimum. Schoenfeld et Aragon proposent jusqu'à 0,4 g par kilo et par repas, sur quatre repas.
Trois chiffres à ne pas confondre
Les chiffres qui circulent sur les protéines répondent à des questions différentes, d'où l'impression qu'ils se contredisent.
- 0,8 g par kilo et par jour : le minimum qui couvre les besoins de presque tous les adultes sédentaires en bonne santé. Il évite la carence ; il n'a pas été pensé pour la prise de muscle.
- 1,4 à 2 g par kilo et par jour : la fourchette que l'ISSN, dans sa prise de position de 2017, juge suffisante pour construire et entretenir le muscle chez la plupart des personnes qui s'entraînent.
- Environ 1,6 g par kilo et par jour : le seuil au-delà duquel, dans la méta-analyse de Morton et ses collègues (2018), ajouter des protéines n'apportait plus de gain de masse maigre en moyenne.
Certaines personnes répondent au-dessus de la moyenne : c'est pourquoi la fourchette de l'ISSN monte à 2, et la revue de Schoenfeld et Aragon (2018) évoque un apport haut de 2,2 grammes par kilo rapporté dans la littérature. En pratique, viser 1,6 à 2 couvre presque tout le monde.
Votre chiffre à vous
Multipliez votre poids en kilos par 1,6 pour un objectif solide, et par 2 pour le haut de la fourchette. Le calculateur de cette page le fait pour vous, avec la quantité par repas.
- 60 kg : 96 à 120 g par jour.
- 70 kg : 112 à 140 g par jour.
- 85 kg : 136 à 170 g par jour.
En cas d'excès de poids important, calculez plutôt sur le poids que vous visez : le chiffre ne doit pas être gonflé par un tissu qui n'a pas besoin de ces protéines. Pour l'organisation des repas d'une journée chargée, voyez manger autour de l'entraînement.
Par repas : ce que le corps utilise d'un coup
L'ISSN recommande environ 0,25 gramme de protéines de bonne qualité par kilo et par repas, soit 20 à 40 grammes, répartis toutes les trois à quatre heures. Selon la même prise de position, chaque prise devrait apporter 700 à 3 000 milligrammes de leucine, avec l'ensemble des acides aminés essentiels.
L'idée que le corps n'utilise que 20 à 25 grammes à la fois vient d'études menées avec une protéine rapide prise seule. Schoenfeld et Aragon ont repris les données : une dose plus forte n'est pas simplement perdue, surtout dans un repas complet. Leur conseil pratique : environ 0,4 gramme par kilo et par repas, sur au moins quatre repas, ce qui atteint 1,6 gramme par kilo et par jour.
Pour une personne de 70 kilos, cela fait quatre repas d'environ 28 grammes. Une journée de travail ressemble souvent à l'inverse : un café au petit déjeuner, un déjeuner léger, l'essentiel des protéines au dîner. Corriger le petit déjeuner est en général le gain le plus simple.
Une journée qui atteint la cible
Les sources de protéines courantes sont les œufs, les produits laitiers, le poisson, la viande, la volaille, les légumineuses et le soja. Une journée à 112 grammes pour une personne de 70 kilos peut ressembler à ceci :
- Petit déjeuner : des œufs, ou du fromage blanc ou du skyr, avec des flocons d'avoine et un fruit.
- Déjeuner : une portion de poulet, de poisson ou de tofu de la taille de la main ou plus, avec des légumes et un féculent.
- Collation : un yaourt grec, un verre de lait ou une faisselle avec quelques noix.
- Dîner : du poisson, une viande maigre, ou un plat généreux de lentilles et de pois chiches.
Les quantités varient beaucoup d'un produit à l'autre : lisez la teneur en protéines sur l'étiquette pendant une semaine, ensuite vous l'estimerez à l'œil. Une alimentation végétale atteint les mêmes totaux avec le soja, les légumineuses, le seitan et les alternatives aux produits laitiers, en général avec des portions plus grosses et plus de variété dans la journée.
Le moment par rapport à la séance
La prise de position de l'ISSN indique que les bénéfices sont obtenus que les protéines soient prises avant ou après la séance, et que le meilleur moment dépend surtout de la tolérance de chacun. La fameuse fenêtre de trente minutes après l'entraînement n'est pas ce que montrent les études : un repas contenant des protéines dans les deux heures avant ou après suffit. La même prise de position rapporte que 30 à 40 grammes de caséine avant le coucher augmentent la synthèse des protéines musculaires pendant la nuit : du fromage blanc le soir peut faire office de quatrième repas.
Les cas particuliers
- Perdre du gras en faisant de la musculation. L'ISSN note que des apports plus élevés, 2,3 à 3,1 grammes par kilo, peuvent être nécessaires pour conserver la masse maigre chez les personnes entraînées en déficit calorique.
- Après 50 ans. Dans la méta-analyse de Morton, l'effet d'un supplément de protéines sur la masse maigre diminuait avec l'âge. Gardez chaque repas proche de 0,4 gramme par kilo plutôt que de tout miser sur une grosse portion. Voyez la musculation après 40 ans.
- Maladie rénale. Un apport élevé devient alors une question médicale, pas sportive.
En cas de maladie rénale, de diabète avec atteinte rénale ou de toute maladie chronique, demandez l'avis de votre médecin ou d'un diététicien avant d'augmenter vos protéines.
Les compléments : quand ils ont un sens
La poudre de protéines est un aliment sous une forme pratique. Dans la méta-analyse de Morton, la supplémentation a augmenté les gains de force et de masse maigre pendant l'entraînement, et l'effet plafonnait une fois l'apport total proche de 1,6 gramme par kilo et par jour : c'est le total de la journée qui compte, pas la forme. Un shaker dépanne après une séance matinale, en voyage ou quand l'appétit manque ; il n'ajoute rien à une journée qui atteint déjà la cible avec l'assiette. Le reste du tableau, l'entraînement en premier, est dans prendre du muscle, et la façon de doser les séances dans séries et répétitions.
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Questions
Deux grammes de protéines par kilo, est-ce trop pour un adulte en bonne santé ?
Pour un adulte en bonne santé qui s'entraîne, 2 grammes par kilo et par jour se situent en haut de la fourchette que l'ISSN juge suffisante, et la société note que des apports plus élevés peuvent même aider en période de restriction calorique. En moyenne, la méta-analyse de Morton ne trouve toutefois plus de gain de muscle au-delà d'environ 1,6 gramme. En cas de maladie rénale, un avis médical s'impose avant d'augmenter.
Faut-il garder autant de protéines les jours sans entraînement ?
Oui. Le muscle se construit dans les jours qui suivent la séance autant que le jour même, et les recommandations de l'ISSN s'expriment par jour, pas par séance. Gardez à peu près le même total et la même répartition entre les repas les jours de repos. Rien dans les prises de position citées ici ne justifie de réduire les protéines les jours où l'on ne s'entraîne pas.
Peut-on atteindre sa cible de protéines avec une alimentation végétale ?
Oui, avec un peu d'organisation. L'ISSN conseille des sources qui apportent tous les acides aminés essentiels et assez de leucine. Le soja, le seitan, les lentilles, les haricots, les pois chiches et les alternatives aux produits laitiers conviennent, en général en portions plus grosses que les sources animales. Varier les sources dans la journée aide, et une protéine de pois ou de soja peut combler l'écart les jours chargés.
Un shaker juste après la séance fait-il prendre plus de muscle ?
Pas en lui-même. La prise de position de l'ISSN rapporte des bénéfices que les protéines soient prises avant ou après la séance, et considère le moment comme une question de tolérance. Le total de la journée et la répartition entre les repas comptent davantage. Le shaker est pratique quand aucun repas n'est possible dans les deux heures, mais un repas normal de 20 à 40 grammes de protéines fait aussi bien.
Sources
- International Society of Sports Nutrition position stand: protein and exercise (2017)
- Morton et al.: protein supplementation and resistance training gains, a meta-analysis (Br J Sports Med, 2018)
- Schoenfeld and Aragon: how much protein can the body use in a single meal for muscle-building? (J Int Soc Sports Nutr, 2018)
- Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada and ACSM: nutrition and athletic performance (2016)
- International Society of Sports Nutrition position stand: nutrient timing (2017)
- Organisation mondiale de la Santé : alimentation saine, principaux repères