Assis toute la journée : combien d'activité pour compenser
Rester assis dix heures par jour n'est pas une fatalité pour la santé, à condition de bouger beaucoup à côté : dans une méta-analyse publiée en 2016 dans The Lancet, qui a regroupé les données de plus d'un million d'adultes, environ 60 à 75 minutes d'activité modérée par jour semblaient effacer l'excès de mortalité associé à un temps assis élevé. Chez les plus actifs, rester assis plus de huit heures par jour n'était pas associé à une mortalité plus élevée. À l'inverse, les moins actifs qui restaient pourtant peu assis avaient un risque accru. Ces résultats viennent d'études d'observation fondées sur des déclarations : ils montrent une association, pas une preuve de cause à effet. L'OMS, dans ses lignes directrices de 2020, en tire une consigne simple. Limitez le temps sédentaire, remplacez-le par de l'activité de toute intensité, et si vous restez beaucoup assis, visez davantage que le minimum recommandé.
Votre temps assis face à votre activité
Indiquez vos heures assises et vos minutes d'activité modérée ou intense par jour : le calcul les ramène à la semaine et les situe par rapport aux données d'Ekelund.
- Heures assis par semaine
- 70
- Activité par semaine
- 280 minutes
- Lecture
- Plus de 8 heures assis et moins de 60 minutes d'activité : le groupe le plus exposé dans les données groupées
Une lecture fondée sur des études d'observation : elle décrit une association, pas un risque individuel.
Ce que l'on appelle sédentarité
L'OMS définit le comportement sédentaire comme toute période d'éveil à faible dépense d'énergie : être assis, allongé ou à demi couché. Ce n'est pas l'inverse du sport. On peut courir une heure le matin et rester sédentaire les neuf heures suivantes.
Selon l'OMS, chez l'adulte, un temps sédentaire élevé est associé à une mortalité accrue, toutes causes confondues, mais aussi cardiovasculaire et par cancer. Le NHS rappelle que beaucoup d'adultes passent plus de sept heures par jour assis, au travail, dans les transports ou pendant leurs loisirs. Pour un dirigeant, entre le bureau, la voiture, l'avion et le dîner d'affaires, dix à douze heures ne sont pas rares.
La méta-analyse d'Ekelund, en détail
L'équipe d'Ulf Ekelund a harmonisé les données de nombreuses cohortes. Les participants ont été classés selon leur temps assis et leur niveau d'activité, mesuré en MET-heures par semaine.
- Les plus actifs, au-delà de 35,5 MET-heures par semaine, ce qui correspond à environ 60 à 75 minutes d'activité modérée par jour : rester assis plus de huit heures par jour n'était pas associé à une mortalité plus élevée.
- Les deux quarts les moins actifs : la mortalité y était de 12 à 59 % plus élevée que dans le groupe de référence, le pire cas réunissant moins de 2,5 MET-heures par semaine et plus de huit heures assises.
- Les moins actifs qui restaient peu assis, moins de quatre heures par jour : leur risque restait plus élevé que la référence.
Une nuance importante : chez ceux qui regardaient la télévision cinq heures par jour ou plus, une activité élevée atténuait le risque sans l'effacer.
Ce que cela ne veut pas dire
Il ne faut pas en conclure qu'une séance de sport « annule » une journée de bureau. Seul un volume élevé, de l'ordre d'une heure par jour ou plus, était associé à la disparition de l'excès de risque. Une séance de trente minutes aide, mais ne suffit pas à elle seule quand on reste assis douze heures.
Il ne faut pas non plus retenir que « rester assis est le nouveau tabac ». Les sources que nous avons vérifiées ne soutiennent pas cette formule. Et aucun nombre d'heures assises « sans danger » n'existe : l'OMS a jugé les preuves insuffisantes pour fixer un seuil.
Deux leviers complémentaires
Le premier levier consiste à ajouter de l'activité modérée. L'OMS recommande 150 à 300 minutes par semaine pour tous les adultes, et davantage pour ceux qui restent beaucoup assis. Soixante minutes par jour paraissent beaucoup, mais elles se cumulent : la marche pour aller à une réunion, l'escalier, une séance le matin. Notre guide combien de sport par semaine aide à faire le compte.
Le second levier consiste à couper le temps assis. L'ACSM souligne que des périodes courtes et fréquentes debout ou en mouvement sont bénéfiques, même pour les adultes déjà actifs. Dans l'essai de Dunstan, publié en 2012, des marches de deux minutes toutes les vingt minutes ont abaissé la glycémie après le repas chez des adultes en surpoids. Manger Bouger, le programme de Santé publique France, retient un repère plus accessible, qu'il formule ainsi : « prenez le temps de marcher un peu toutes les 2 heures ».
Bureau debout, tapis de marche : que valent-ils ?
La revue Cochrane de Shrestha, en 2018, a évalué les aménagements du poste de travail. Les bureaux assis-debout réduisaient le temps assis d'environ 100 minutes par jour à court terme, et d'environ 57 minutes entre trois et douze mois. Le niveau de preuve est faible. Les bureaux avec tapis de marche ou pédalier avaient des effets incertains ou incohérents.
Conclusion pratique : un bureau réglable est un bon outil si vous l'utilisez vraiment, mais l'effet s'émousse avec le temps. Associez-le à des habitudes, pas seulement à du mobilier.
Une journée de dirigeant, réorganisée
Voici un exemple pour une journée de bureau de dix heures :
- Avant le bureau : 30 minutes de marche rapide ou de vélo. Voyez la routine sportive du matin.
- Pendant la matinée : les appels sans écran debout ou en marchant, et une pause par heure.
- À midi : 15 minutes de marche après le déjeuner.
- L'après-midi : une réunion sur deux debout ou en marchant. Notre guide des réunions en marchant donne la méthode.
- En fin de journée : 15 minutes de mobilité ou de renforcement.
Le total dépasse soixante minutes d'activité, sans séance de sport longue. La position assise reste longue, mais elle est découpée. Les douleurs liées aux longues réunions sont traitées dans posture et dos en réunion.
Un signal à ne pas négliger
Si une jambe gonfle, devient douloureuse ou rouge après une longue période assise, par exemple un vol long-courrier ou une journée de séminaire, consultez rapidement un médecin pour écarter un caillot sanguin.
Les journées longues ne disparaîtront pas. Ce qui change, c'est ce que vous faites autour. Pour bâtir ces routines avec quelqu'un qui suit vos progrès, le club vous ouvre un espace personnel.
Questions
Une heure de sport le matin compense-t-elle dix heures de bureau ?
Elle s'en approche. Dans la méta-analyse d'Ekelund, environ 60 à 75 minutes d'activité modérée par jour semblaient effacer l'excès de mortalité associé à plus de huit heures assises. Ce sont des données d'observation. Couper le temps assis par des pauses reste utile en plus, comme le rappelle l'ACSM, même chez les adultes déjà actifs.
Combien d'heures assises par jour sont sans risque ?
Personne ne peut donner ce chiffre. L'OMS a jugé les preuves insuffisantes pour fixer un seuil de sédentarité. Les données montrent surtout que le risque associé au temps assis dépend du niveau d'activité : il est élevé chez les moins actifs et semble disparaître chez les plus actifs. Plutôt que de viser un nombre d'heures, augmentez l'activité et coupez les longues périodes assises.
La télévision du soir compte-t-elle autant que les heures de bureau ?
Elle semble peser plus lourd. Dans l'étude d'Ekelund, une activité élevée atténuait le risque lié à cinq heures de télévision par jour ou plus, sans l'effacer, alors qu'elle l'effaçait pour le temps assis total. Une soirée devant un écran après une journée assise s'ajoute donc au reste. Une marche après le dîner est une bonne habitude à prendre.
Un tapis de marche sous le bureau vaut-il l'investissement ?
Les preuves ne permettent pas de l'affirmer. La revue Cochrane de 2018 a trouvé des effets incertains ou incohérents pour les tapis de marche et les pédaliers de bureau. Les bureaux assis-debout ont un effet mieux documenté, bien que modeste et de faible niveau de preuve. Si vous aimez marcher en lisant vos courriels, rien ne l'interdit, mais ne comptez pas dessus seul.
Sources
- Ekelund et al.: does physical activity attenuate the association of sitting time with mortality? (Lancet, 2016)
- Bull et al.: World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour (Br J Sports Med, 2020)
- Organisation mondiale de la Santé : lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité (2020)
- Organisation mondiale de la Santé : activité physique, principaux repères
- NHS: benefits of exercise
- Shrestha et al.: workplace interventions for reducing sitting at work (Cochrane Database Syst Rev, 2018)
- Dunstan et al.: breaking up prolonged sitting reduces postprandial glucose and insulin responses (Diabetes Care, 2012)
- American College of Sports Medicine: quantity and quality of exercise for healthy adults (2011)
- Manger Bouger (Santé publique France) : réduire le temps passé assis